Faut-il rester ami avec son ex ?
Certains y voient la preuve d'une séparation réussie, d'autres une porte qu'on refuse de fermer. Les deux ont des arguments, et la réponse dépend surtout d'une question qu'on se pose rarement.
C'est un sujet qui divise plus que la plupart, et qui se discute mal : chacun défend en réalité sa propre expérience.
Ce que disent ceux qui restent amis
L'argument le plus fort n'est pas sentimental, il est pratique : quand il y a des enfants, on ne se sépare jamais complètement. Il y a des années de décisions communes devant soi. Une relation cordiale n'est alors pas un luxe, c'est une infrastructure.
Ils ajoutent, souvent : dix ou vingt ans de vie commune ne se jettent pas. Cette personne connaît des choses de vous que personne d'autre ne connaîtra.
Ce que disent ceux qui coupent
Que « rester amis » est très souvent un mot pour autre chose. Une manière de ne pas décider. De garder l'autre à portée, au cas où. Ou, moins avouable, de continuer à surveiller.
Et un point difficile à contredire : tant qu'on se voit, on ne fait pas le deuil. Le manque ne se traite pas par petites doses.
Ils rappellent aussi que la nouvelle relation, elle, aura son mot à dire — et que beaucoup de secondes histoires s'abîment sur ce terrain-là.
La question qui tranche mieux que la vôtre
Pas « est-ce que je peux rester ami avec lui ou elle ? » mais : « qu'est-ce que j'attends de ce lien ? »
- Si la réponse est : organiser les enfants, régler l'administratif, ne pas se croiser avec un poids sur l'estomac — alors ce n'est pas de l'amitié, c'est de la cordialité. Et elle est presque toujours souhaitable.
- Si la réponse est : garder une place, rester informé, ne pas devenir un étranger — alors la question n'est pas celle de l'amitié. C'est que la séparation n'est pas terminée. Ce n'est pas un défaut. C'est juste une autre étape.
Une distinction utile
La cordialité est un objectif. L'amitié est un résultat.